Bienvenue sur Plaisance et Plaisanciers

Mouette gourmande
PREMIERE SORTIE EN MER JUSQU'AU HAVRE
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Le midi devant l'écluse de Méricourt 23 Août : pour cette première descente vers la mer, nous serons quatre à bord, ma femme, ma sœur, mon cousin et moi. Donc, ce 23 Août, nous partons par un temps gris. Notre première étape, ce soir, sera le ponton plaisance de Muids à environ une heure de navigation de l’écluse de Poses. Le temps est doux et la navigation agréable. Nous nous arrêtons pour déjeuner juste avant l’écluse de Méricourt. Le temps s’améliore en ce début d’après-midi. Un petit incident au passage de l’écluse, l’amarre se coince sous le barreau supérieur de l’échelle (le barreau qui est au dessus du sol). Le temps de prendre un couteau, pourtant à porté de la main, le poids du bateau aidant, la corde se décoince toute seule. Plus de peur que de mal. En tout cas, une bonne leçon à retenir, ne plus jamais utiliser le barreau qui est au dessus du sol. Nous arrivons à Muids vers 20h00. Pas de problème, le ponton est libre. Il n’y a pas l’électricité, mais qu’importe, je sors le groupe électrogène.

24 Août : ce matin, il fait beau, après le petit déjeuner, nous partons pour Poses, la dernière écluse. Après, la Seine serpente majestueusement jusqu’à la mer. Mais pour nous, notre première étape sera Rouen ou nous passerons la nuit. Nous attendrons, demain matin pour rallier le "Grand Large". Nous partons, après le déjeuner, faire un tour en ville et revoir la Cathédrale. En fin de journée, je prépare ma route pour le Havre notre prochaine étape, et prends la météo auprès du responsable de la halte. La météo est bonne, puisque les prévisions nous donnent une mer peu agitée à l’arrivée.
En descendant vers la mer Le long de la Seine Avant d'arriver à Rouen

..., au bout la mer25 Août : il fait beau pour ma première descente. Je suis un peu inquiet, car je vais naviguer une douzaine d’heures non-stop et parcourir environ 140 kilomètres d’une seule traite. Ce sera ma plus longue étape aux commandes d’un bateau. Malgré ma petite inquiétude du fait qu’il est pratiquement impossible de s’arrêter en chemin, je fais confiance au Carpe Diem. Nous larguons les amarres aux environs de 06h30. La marée est avec nous et le courant nous porte. Nous sortons de Rouen sans rencontrer un seul bateau. Vers 09h00, le courant s’inverse. Il nous faudra subir ce courant contraire environ quatre heures. Nous croisons notre premier cargo vers 10h00. Le pont de Brotonne apparaît sous le soleil. Vers Caudebec, en navigation, je suis obligé de changer de bouteille de gaz. Mon cousin prend la barre pendant ce temps. Cela ne me prendra que dix minutes.
Le pont de Tancarville Le pont de Brotonne Nous y sommes presque
La Seine serpente majestueusement. En arrivant au pont de Tancarville, le courant devient plus fort. Nous flirtons avec les 18 km à l’heure. Puis apparaît enfin, magnifique, le pont de Normandie, porte d’entrée de l’océan. La baie est calme et il y a très peu de vent… pour l’instant.
Le pont de Normandie, porte de la Manche Nous passons devant Honfleur et continuons dans le chenal de Seine. Au bout de la digue je change de cap, maintenant au nord, pour traverser et rejoindre le chenal du Havre. Le vent commence à se lever très rapidement et la mer à se creuser, tellement, entre 1 et 2,5m, que nous commençons à être énormément secoué. Les prévisions d’hier soir semblent être erronées. La cloche dans le carré, se met à sonner régulièrement toutes les 30 secondes. Le vent d’ouest forci encore. J’arrive à éviter neuf vagues sur dix, mais la dixième nous prend de travers et je suis obligé d’accompagner la gîte du bateau pour redresser. Un zodiac des secours en mer, semble-t-il parti de Honfleur, commence à vérifier le comportement de tous les bateaux présents sur le plan d’eau. Il ne restera que très peu de temps à notre côté. Peu après son départ, je m’aperçois que les deux amarres de l'avant traînent dans l’eau. Il est impératif d’aller les récupérer avant qu’elles ne se prennent dans l’hélice. Pour cette mission délicate, restant aux commandes, j’envoie mon cousin. Il lui faudra dix bonnes minutes pour s’acquitter de sa tâche, tant le bateau bouge dans tous les sens. De plus, le groupe électrogène qui est toujours à l’avant du bateau donne l’impression d’être transformé en ballon qui rebondi au grès des vagues. Il pèse pourtant 28 kilos. Mon cousin réussi à le bloquer en l’attachant. Ma sœur commence à avoir le mal de mer et se cramponne comme elle peut à l’intérieur du bateau, juste à côté de l’évier. Et la cloche sonne, sonne. Les bouées du chenal du port du Havre apparaissent enfin.
Enfin le grand large, dans le chenal de Seine Maintenant, nous sommes un peu protégé par la pointe de Sainte Adresse et les vagues arrivent par l’arrière. Le bateau bouge un peu moins, j’entends la cloche épisodiquement, et elle ne se calme vraiment qu’à l’entrée du port. Il est maintenant 18h30 et nous sommes amarrés au ponton visiteurs. Enfin. Il nous aura fallu douze heures pour venir de Rouen. Malgré la désagréable surprise due à la météo, à aucun moment je n’ai eu peur et je me suis aperçu que j’avais un très bon bateau, très marin, en qui on pouvait vraiment avoir confiance. Le bilan de cette fin de journée se résume à la perte de deux pare battages, d’une chaise cassée sur le pont arrière et beaucoup de sel sur mes lunettes de soleil malgré la protection du pare-brise. Je pilotais en extérieur pour profiter du paysage. Quant à l’intérieur, pas de casse, mais les choses ne sont plus à leur place d’origine. En cette fin de journée, une bonne coupe de champagne nous remet de nos émotions.

26 et 27 Août : aujourd’hui, 26 août, il fait beau. Nous ne connaissons pas la ville du Havre et nous allons en profiter pour visiter et faire un peu de ravitaillement au super marché qui est à moins de 10 minutes à pieds du port. Nous en profitons donc pour visiter l’église en forme de phare, puis le musée à côté du port. Mais surtout, nous déambulons dans la ville sans idée préconçue. Le soir du 27, je prends les prévisions météorologiques pour le lendemain : mer peu agitée, 0,6 à 1 mètre de creux. Si c’est vrai, cela nous changera de l’aller.
La route de la plage Le port de plaisance du Havre La Mairie

La vieille église 28 Août : à 06h45, nous quittons le ponton d’accueil avec le début de la marée montante en direction de Rouen. Il faut d’abord remonter le chenal du Havre, traverser, puis reprendre le chenal de Seine. La météo est conforme, puisque la mer est très calme. De toute façon, nous avons pris nos précautions avant de repartir. Tout ce qui pouvait bouger a été mis au sol et calé. Quand nous reprenons le chenal de Seine, un peu avant d’arriver à l'accès au port de Honfleur, une horde de bateaux de pêche, plein gaz, nous trématent pour aller s’arrêter juste devant l’écluse de Honfleur. Il nous a fallu zigzaguer pour passer. Un bouchon en baie de Seine. Nous marchons bien, près de 11 nœuds avec le courant qui nous porte vers Rouen. Malgré notre vitesse, plusieurs cargos nous trémateront entre le pont de Normandie et le pont de Tancarville. Le temps est nuageux, mais la température reste agréable. Nous mettrons dix heures pour rallier Rouen, le courant restant portant, soit deux heures de moins qu’à l’aller. A notre arrivée, autour de l’île où est située la halte de plaisance, nous croisons un pousseur qui ne respecte pas la vitesse autorisée et qui, dans cette partie encaissée, déplace une vague de près d’un mètre. Pour un peu je me croirais de nouveau en mer.

Entre Rouen et Pose 29 Août : nous partons après déjeuner en direction du ponton « Gribouillard » ou nous comptons passer la nuit. Le courant nous est favorable et à 18h30, nous sommes amarrés. Nous n’avons pas croisé beaucoup de bateaux sur cette partie de la Seine. L’écluse de Poses nous oblige à faire des ronds dans l’eau pendant une heure car le sas principal est en réfection. Nous passerons avec deux péniches et un petit bateau de plaisance anglais. A peine sommes-nous arrivés au ponton, qu’il se met à pleuvoir pendant plus d’une heure.

30 Août : nous partons de bonne heure pour rejoindre le port de l’Ilon. La route est longue et le courant contraire. Maintenant que nous sommes entre deux écluses, la Seine est beaucoup plus calme car les cargos ou autres bateaux de croisières sont rares. Le temps est gris et juste après le déjeuner, nous avons droit à quelques gouttes de pluie.

Le port de l'Ilon au petit matin 31 Août : ce matin, il y a de la brume sur le plan d'eau. Nous partons en début de matinée pour notre dernière étape et retrouver la marina Port Saint Louis. Le ciel est gris et nous avons encore droit à quelques gouttes de pluie sur le parcours. Nous en profitons pour passer par les bras secondaires que je ne connais pas encore, bras de Vaux et bras de Limay. A 12h45, fin de l’aventure, nous sommes au port pour le déjeuner.




Nous avons parcouru 620 km en 59 heures au moteur, attente et passage d’écluses compris, et seulement pour une consommation moyenne de 5,6 litres de gasoil à l’heure à 10,5 km/h de moyenne, soit 5,7 nœuds. Ce n'est pas la vitesse qui compte, mais le plaisir des découvertes et des rencontres.

Les leçons à retenir ont été les suivantes :
- j’attache ou range tout ce qui peut l’être sur le bateau (j’ai installé un système pour attacher la table du Carré lorsque je suis en mer),
- j’ai installé une ligne de vie de chaque côté du bateau avec des harnais à bord,
- je pilote en extérieur en mer, avec mon harnais, pour mieux voir les vagues arriver,
- la télévision a été fixée,
- je ne laisse rien sur le pont, et surtout pas le groupe électrogène (depuis, j’en ai changé pour un plus puissant),
- toutes les amarres sont lovées et attachées contre les balcons,
- les pare battages sont verrouillés par un nœud, en plus du nœud de cabestan traditionnel,

Je puis vous dire que maintenant, je n’ai plus aucun problème, sinon celui d’entendre le son de la cloche quand ça chahute un peu. Mais j’aime bien car c’est un bon indicateur des contraintes subies par le bateau.
En bref, tout cela s’appelle « l’expérience ».


La Manche
La Normandie